Manchester United : la spirale infernale continue
Ruben Amorim a été limogé de son poste après 14 mois de fonction. Une décision qui relance le débat sur les véritables responsables de la décadence d’un club autrefois si dominant.
« La direction du club a pris, à contrecœur, la décision qu’il était temps de tourner la page. » C’est par ces mots que Manchester United a officialisé, lundi 5 janvier 2026, le départ de son entraîneur Ruben Amorim.
Cette rupture, survenue à peine trois mois après que le copropriétaire Sir Jim Ratcliffe avait assuré qu’il ne jugerait le technicien portugais qu’au terme de trois années à la tête de l’équipe, met un terme à un nouveau chapitre décevant dans l’histoire récente des Red Devils.
Amorim affiche un palmarès alarmant à la tête de Man Utd, avec seulement 24 victoires en 63 matches. Soit un taux de succès de 38%, le plus bas de tout entraîneur permanent post-Sir Alex Ferguson.
En Premier League, cela tombe à 32% de victoires, avec une moyenne de 1,24 point par match, pire que les ères Ten Hag, Mourinho, Solskjaer ou même l’intérim de Rangnick. Vingt rencontres après le début de la saison, la réalité s’est imposée brutalement : les résultats n’étaient tout simplement pas à la hauteur.
Une rigidité philosophique fatale
Les tensions internes ont atteint leur paroxysme ces derniers jours à Carrington, culminant avec la sortie médiatique d’Amorim après le nul (2-2) concédé à Leeds le dimanche 4 janvier. Selon The Athletic, ses propos ont précipité la décision des dirigeants.
« Je suis le manager de cette équipe, pas seulement l’entraîneur. J’ai été très clair là-dessus. C’était l’accord. Si certains ne supportent pas les critiques, alors il faut tout revoir. Chaque département doit assumer ses responsabilités. Moi, je remplis les miennes », avait déclaré l’ancien coach du Sporting Portugal, dans une pique à peine voilée envers sa hiérarchie.
D’après plusieurs sources, Ruben Amorim s’est montré inflexible, voire obstiné, dans son approche tactique, refusant d’abandonner son 3-4-3 de prédilection malgré les difficultés évidentes de ses joueurs à s’y adapter. Une position qui a provoqué des frictions croissantes avec le directeur sportif Jason Wilcox.
Un club sans boussole ?
Il serait toutefois réducteur de tout attribuer à l’entraîneur. Manchester United savait parfaitement à quoi s’attendre en recrutant un technicien fidèle à ses principes et à une philosophie bien arrêtée.
Malgré près de 320 millions de dollars investis lors du dernier mercato estival, plusieurs chantiers majeurs sont restés sans solution, soulevant des interrogations sur la stratégie des dirigeants.
« L’un des plus grands accomplissements de ma carrière a été de terminer deuxième avec Manchester United. Je persiste à le dire, car peu de gens savent ce qui se passe dans les coulisses », rappelait José Mourinho il y a quelques années. Des propos qui résonnent aujourd’hui avec une justesse particulière.
Le départ d’Amorim n’est donc pas un simple contretemps. Il s’inscrit dans une longue série d’échecs ininterrompus depuis la retraite de Sir Alex Ferguson en 2013. Le Portugais devient ainsi le sixième entraîneur permanent limogé en treize ans, après David Moyes, Louis van Gaal, José Mourinho, Ole Gunnar Solskjær et Erik ten Hag.

