La loi Wenger sur le hors-jeu fait grincer l’Europe

L’UEFA et la FA anglaise ne seraient pas très emballées par la réforme portée par l’ancien entraîneur d’Arsenal, aujourd’hui directeur du développement du football mondial à la FIFA.

Selon le média britannique The Times, l’instance dirigeante du football européen (UEFA) et la Fédération anglaise de football (FA) demeurent sceptiques à l’égard de la « loi Wenger » sur le hors-jeu.

Baptisée en référence à l’ancien entraîneur français d’Arsenal, aujourd’hui directeur du développement du football mondial à la FIFA, cette réforme propose qu’un attaquant ne soit considéré hors-jeu que si la totalité de son corps dépasse le dernier défenseur.

Concrètement, un crampon, une épaule, ou même l’arrière de la tête suffirait à maintenir un joueur en position licite. Une approche jugée trop audacieuse par l’UEFA et la FA, selon des sources proches citées par The Times.

« C’est le moment d’agir rapidement », déclarait Wenger en 2020, à Berlin, lors de la présentation de cette nouvelle conception. D’après lui, les bénéfices d’une telle réforme seraient nombreux.

Une proposition jugée trop radicale

D’une part, elle limiterait les interruptions prolongées pour consultation de la VAR, accélérant les décisions et rendant le jeu plus fluide. D’autre part, elle transformerait la manière d’analyser les situations de hors-jeu, réduisant la dépendance aux tracés millimétrés tant décriés par les supporters.

Mais les quatre Fédérations britanniques – Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord – membres historiques de l’Ifab, l’instance chargée des lois du jeu, estiment qu’autoriser un attaquant à devancer la défense de près de deux mètres tout en restant en jeu bouleverserait les équilibres tactiques établis depuis des décennies.

Chacune disposant d’une voix au sein de l’Ifab – contre quatre pour la FIFA – ces fédérations auraient, selon The Times, pris soin de consulter l’UEFA, qui leur aurait apporté un soutien déterminant.

La limite du torse comme compromis ?

Les détracteurs de la réforme craignent la disparition des défenses en bloc haut, remplacées par des équipes contraintes de reculer pour éviter d’être sanctionnées par la vitesse des attaquants profitant d’une marge nouvelle.

Toujours selon le média britannique, l’UEFA et la FA plaident pour une alternative intermédiaire : juger le hors-jeu uniquement à partir de la ligne du torse, en ignorant la position des pieds, des jambes et de la tête. Cette solution offrirait un avantage mesuré aux attaquants sans provoquer de rupture tactique majeure.

L’idée du « hors-jeu au torse » permettrait ainsi d’assouplir l’application de la VAR sans basculer vers un football aux scores débridés, crainte souvent évoquée par les opposants à la « loi Wenger ». Une décision finale n’est pas attendue avant longtemps. Aucun changement ne sera appliqué avant la Coupe du monde, et la Fifa aurait du mal à obtenir l’approbation de l’Ifab sans de longs essais préalables aux niveaux élevés du jeu.

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