Mbappé dans le viseur du madridisme
L’attaquant français suscite un malaise croissant parmi les supporters du Real Madrid, notamment en Espagne, en raison de son manque d’investissement défensif.
L’on peut être l’arme offensive la plus redoutable de son équipe et pourtant essuyer de nombreuses critiques. C’est précisément la situation vécue cette saison par Kylian Mbappé. Malgré ses 38 réalisations — dont 23 en Liga — en 36 rencontres toutes compétitions confondues, l’attaquant français fait presque l’unanimité contre lui chez les supporters du Real Madrid.
« Je crois que le Mbappé-Football Club est très bon, mais je pense qu’il n’a pas compris le Real Madrid, ce qu’est Madrid« , a ainsi déclaré, dimanche 5 avril, le très influent animateur espagnol Josep Pedrerol, dans son émission El Chiringuito.
En cause : le sentiment persistant parmi une certaine opinion selon lequel la présence du capitaine des Bleus sur le terrain influence la mauvaise fortune de l’équipe. Autrement dit, le Real Madrid tourne moins bien avec Mbappé.
Dernier exemple en date : la défaite 2-1 à Majorque, samedi 4 avril, lors de la 30ᵉ journée de Liga. De quoi reléguer le club madrilène à sept longueurs du FC Barcelone, leader du championnat.
Un engagement défensif jugé insuffisant
Cette contre-performance intrigue d’autant plus qu’elle suit une série de cinq succès consécutifs du Real… obtenus sans son avant-centre, alors blessé au genou. Les détracteurs soulignent avant tout son manque d’investissement défensif, un point qui fragiliserait l’équilibre collectif.
Pour le chroniqueur de RMC Walid Acherchour, cette faiblesse trouve ses racines dans la formation même du joueur. Selon lui, le défaut défensif de Mbappé ne découle ni d’un caprice ni d’un manque de rigueur, mais d’un aspect forgé dès l’enfance.
Cela remonte selon l’analyste, à son passage à Monaco, évoquée dans la bande dessinée autobiographique du joueur, et pointe vers la figure paternelle. « Son père, qui est son mentor, qui l’a éduqué footballistiquement, combat l’idée de l’attaquant qui défend », explique-t-il.
Ce référentiel initial, jamais vraiment déconstruit depuis, expliquerait pourquoi Mbappé rechigne à effectuer les efforts défensifs que le football moderne — et le système du Real Madrid en particulier — exige de chacun de ses éléments offensifs.
Des statistiques qui relativisent le débat
Mais les émotions du moment et les raccourcis des tribunes méritent d’être confrontés aux faits. Car les chiffres, eux, racontent une histoire plus nuancée. En 92 matchs disputés sous le maillot merengue, Kylian Mbappé affiche un bilan de 63 victoires, 8 nuls et 21 défaites, soit un taux de succès de 68,5 % et une moyenne de 2,14 points par match.
En parallèle, sur les 15 rencontres jouées sans lui cette saison, le Real Madrid a remporté 10 matchs, concédé 3 nuls et subi 2 défaites — un taux de victoire de 66,7 % pour une moyenne de 2,20 points par match.
La différence reste donc trop marginale pour appuyer l’idée d’un joueur nuisible au collectif. Un constat demeure néanmoins : sans Mbappé, le bloc madrilène semble plus soudé et plus agressif dans le pressing. Le joueur lui-même l’a reconnu publiquement ; il défend moins que ses partenaires, et cette asymétrie tend à freiner la dynamique collective de l’équipe.

