Le football italien est-il en train de mourir ?
Le fait que la Serie A n’ait réussi à placer qu’un seul club en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, pour la deuxième saison d’affilée, soulève des interrogations sur la position du football transalpin dans la hiérarchie européenne.
Douze coupes d’Europe au palmarès au départ, mais un seul représentant encore en lice lors de la deuxième semaine de la compétition reine. Pour la deuxième saison consécutive, seule l’Atalanta portera les couleurs de la Serie A en phase à élimination directe de la Ligue des Champions (C1).
Un maigre ratio d’un qualifié sur quatre qui met en lumière l’état préoccupant du football italien. D’autant que la sélection nationale, en attente d’un barrage décisif contre l’Irlande du Nord plus tard ce mois‑ci, risque de rater pour la troisième fois consécutive une Coupe du monde.
Le triomphe contre l’Angleterre à l’Euro 2020, cette nuit magique à Wembley, apparaît désormais comme un feu de paille. Un sursaut isolé dans une trajectoire globale qui tend à s’aplanir dangereusement.
La question s’impose alors, aussi douloureuse soit‑elle : le football italien est‑il en train de mourir de sa belle mort ? La réponse varie certainement selon la personne interrogée. L’éternel dilemme du verre à moitié plein ou à moitié vide.
« L’échec fait du bruit… »
Comme le souligne le journaliste James Horncastle dans The Athletic, « l’échec résonne plus fort que le succès relatif ». Il rappelle que les clubs transalpins ont pourtant disputé huit finales européennes au cours des cinq dernières années.
Ces mêmes équipes avaient abordé la phase de groupes inaugurale de la Ligue des Champions la saison passée en tête du classement UEFA, avec cinq représentants.
L’Italie compte également huit finales européennes dans les catégories de jeunes. Elle a été sacrée championne d’Europe U17 et U19 en 2021, et a atteint la finale de la Coupe du monde U20. Par ailleurs, le vivier de talents, malgré tout, n’est pas tari.
« À l’ère de l’amnésie numérique, du doom‑scrolling et de l’économie du hot‑take, ces accomplissements sont balayés d’un simple geste et vite oubliés. La satisfaction du succès est éphémère », observe Horncastle, avant de dresser un constat implacable : la puissance italienne n’est plus ce qu’elle était sur la scène européenne.
Un passé glorieux bien lointain
Le football mondial a évolué à un rythme que la Serie A n’a jamais su suivre. La Premier League s’est muée en machine financière sans égale. Des clubs dopés par des fonds souverains, des États du Golfe ou des consortiums américains ont redéfini les règles du jeu.
Le Paris Saint‑Germain, Manchester City ou Chelsea attirent les meilleurs talents de la planète à coups de transactions vertigineuses. Pendant ce temps, l’Italie, contrainte par un fair‑play financier strict et des revenus commerciaux en berne, vit sur la gloire de son passé, une renommée désormais bien affadie.
« À moins qu’une génération dorée ne surgisse, qu’un investisseur providentiel ne ravive l’économie des clubs, que les institutions ne relâchent leurs contraintes budgétaires ou qu’un cygne noir ne bouleverse la Premier League, ces jours‑là ne reviendront pas », conclut James Horncastle.

