La VAR fait l’unanimité contre elle en Premier League
Un nouveau sondage réalisé auprès des supporters du football anglais, révèle un rejet massif de l’arbitrage vidéo, jugé trop lent, trop opaque et nuisible au plaisir du jeu.
Depuis son introduction en Premier League (PL) en 2019, la VAR (Video Assistant Referee) n’a jamais cessé de susciter beaucoup d’encre et de salive.
Mais les données publiées le 30 mars par la Football Supporters Association (FSA) — l’organisation nationale représentant les supporters en Angleterre et au Pays de Galles — viennent mettre des chiffres, et des mots, sur un malaise sans doute plus profond qu’on ne l’imaginait.
En effet, 97% des personnes interrogées — 8 000 fans, dont plus de la moitié assistent à plus de quinze matchs à domicile par saison — dans le cadre d’un sondage réalisé entre le 26 février et le 23 mars, estiment que l’assistance vidéo ne rend pas le football plus plaisant.
Par ailleurs, 76% déclarent ne pas approuver son emploi, et seuls 3% jugent les décisions rendues dans un délai acceptable. Ce que les supporters reprochent avant tout à la VAR, c’est de briser le rythme émotionnel du jeu.
Un désamour profond
Pour ses détracteurs, chaque but potentiel devient synonyme de tension, et chaque interruption prolongée mine la ferveur collective. Dans les stades, où l’émotion naît dans l’instant, le temps d’attente imposé par la technologie est perçu comme une intrusion, voire une atteinte symbolique à l’essence du spectacle.
« Ces résultats confirment l’enquête précédente de la FSA menée en 2021, où les supporters avaient exprimé leurs réserves concernant l’introduction de la VAR », a déclaré à Reuters Thomas Concannon, responsable du réseau Premier League de l’association.
Face à ce qui s’apparente à un camouflet, les instances dirigeantes du football anglais cherchent à relativiser.
« Ces dernières saisons, on recense environ cent interventions correctrices de la VAR par championnat. Des décisions qui auraient autrement conduit à des buts invalides, à des cartons rouges ou à des penalties injustifiés ou oubliés », a rétorqué un porte-parole de la Premier League dans un communiqué relayé par l’agence de presse.
Des positions difficilement conciliables ?
Le communiqué ajoute que « la VAR demeure moins envahissante en Premier League que dans d’autres ligues européennes, notamment en Ligue des champions, où elle intervient presque deux fois plus souvent ».
Reste que pour un supporter dans les tribunes, un taux de précision élevé ne pèse pas lourd face au souvenir amer d’un but injustement refusé ou d’une faute non sanctionnée ayant fait perdre un match.
La technologie, dès lors qu’elle s’invite dans le football, se voit inconsciemment assigner une exigence d’infaillibilité que ni l’humain ni la machine ne peuvent atteindre. Cette tension illustre des positions pratiquement irréconciliables, entre d’un côté, des fans désabusés par la VAR ; et de l’autre, des dirigeants convaincus de sa nécessité.
De quoi nourrir les inquiétudes autour du projet de la PL d’étendre son utilisation à la vérification des corners et des seconds cartons jaunes. Une perspective que plus de 85% des supporters sondés disent redouter.

