Mondial 2026 : boycott ou pas boycott ?

Face aux ambitions expansionnistes de l’administration Trump, l’idée d’un possible boycott de la prochaine Coupe du monde de football, conjointement organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada, comme acte de représailles, gagne du terrain en Europe.

« Sérieux, on imagine aller jouer la Coupe du monde de foot dans un pays qui agresse ses voisins, menace d’envahir le Groenland, détruit le droit international, veut torpiller l’ONU, instaure une milice fachiste et raciste dans son pays, y attaque les oppositions, interdit d’accès à l’épreuve les supporters d’une quinzaine de pays, prévoit de bannir des stades tout signe LGBT, etc. ? »

À l’instar du député français de La France insoumise Éric Coquerel, de plus en plus de figures européennes évoquent désormais la possibilité d’un boycott du Mondial 2026.

Organisée dès l’été prochain par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la compétition pourrait bien devenir la scène privilégiée d’un Donald Trump qui affectionne tout particulièrement les projecteurs.

Quand la Coupe du monde devient un test moral

Reste que les États-Unis sont devenus, depuis son retour au pouvoir il y a à peine un an, tout sauf hospitaliers et inclusifs, comme le président de a FIFA, Gianni Infantino, ne cesse pourtant de le vanter à la moindre occasion.

De fait, lors de l’anniversaire des 125 ans de la fédération hongroise de football le 19 janvier dernier, plusieurs dirigeants du foot européen ont abordé la possibilité d’un boycott de la compétition en cas d’annexion du Groeland par Washington, d’après les indiscrétions du Guardian.

Sur le plan politique, ce territoire autonome relève du Danemark, membre de l’Union européenne. Et, d’un point de vue footballistique, il reste associé à la fédération danoise, sa propre structure n’étant reconnue par aucune confédération, rappelle Le Parisien.

Dans ce contexte, la question pour les Européens est la suite : comment accepter de participer à la grande fête planétaire de Trump si, dans le même temps, l’un des leurs est directement visé ?

Des fédérations tétanisées entre diplomatie et vestiaire

Si la pression monte au sein d’une certaine opinion publique aux Pays-Bas, en France ou même en Allemagne, les fédérations nationales restent pour l’heure tétanisées, préférant ajourner toute prise de position claire.

La FIFA, régulièrement accusée de complaisance envers l’administration Trump, observe de son côté un silence embarrassé. Toutefois, les spécialistes jugent un boycott peu probable. Pour cause, participer au Mondial demeure l’aboutissement d’années de travail et de qualifications ardues.

Pour de nombreux joueurs, c’est l’occasion d’une vie. Aucun des pays ayant arraché sa qualification ne renoncerait ainsi à cette opportunité, malgré le comportement controversé du président américain.

Quant à l’éventualité de retirer l’organisation aux États-Unis, elle paraît tout aussi irréaliste à un stade si avancé des préparatifs. Nous voilà donc revenus à la question initiale : quelle réponse apporter aux agissements de Donald Trump ?

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