La charge cinglante de Vincent Kompany contre le racisme
Le technicien du Bayern Munich s’est vivement exprimé après l’incident opposant Vinícius Jr. à Gianluca Prestianni lors du match aller des barrages de Ligue des Champions entre le Real Madrid et Benfica, n’hésitant pas à mettre en cause José Mourinho.
Il n’avait sans doute pas prévu d’en dire autant. Mais une fois lancé, Vincent Kompany ne s’est plus arrêté. Interpellé en conférence de presse, vendredi 20 février, au sujet de « l’affaire Vinícius Jr. », l’entraîneur belge du Bayern Munich a choisi de s’exprimer en anglais, « pour être aussi clair que possible ».
Pendant près de douze minutes, il a livré une réflexion lucide, personnelle et sans détour sur le racisme dans le football. Une prise de parole rare, d’une intensité inhabituelle dans un cadre souvent formaté, qui suscite depuis un vif écho sur les réseaux sociaux.
Tout est parti du match Benfica–Real Madrid, comptant pour les barrages aller de la Ligue des champions à l’Estádio da Luz, à Lisbonne. Vinicius avait alors célébré l’ouverture du score à la 50e minute en dansant devant le coin de corner, face aux supporters adverses.
Trois dimensions, trois responsabilités
Sanctionné d’un carton jaune pour « célébration provocatrice », le Brésilien a ensuite été approché par Gianluca Prestianni, joueur du Benfica, qui dissimule sa bouche avec son maillot avant de lui adresser quelques mots.
Furieux, l’attaquant madrilène se précipite vers l’arbitre, affirmant avoir été traité de « singe ». Le match est interrompu une dizaine de minutes, après l’activation du protocole anti-racisme de la FIFA.
Alors que certains doutent encore du témoignage de Vinícius, Kompany, lui, ne laisse aucune place à l’ambiguïté : « C’est une réaction instinctive. Je ne vois aucun intérêt pour lui à inventer cela et à porter un tel fardeau », évoquant une affaire à trois niveaux de responsabilité.
Dans les tribunes, ajoute-t-il, la situation est tout aussi claire, des images montrant des supporters mimant des gestes de singe.
Une leçon de leadership adressée à Mourinho
C’est toutefois sur le troisième volet — l’après-match — que Kompany s’est montré le plus virulent. Il cible directement José Mourinho, entraîneur du Benfica, qui avait publiquement relativisé la plainte de Vinícius Jr. en critiquant son style de célébration.
« Quand vous marquez un but comme ça, vous célébrez simplement et vous rentrez… Quand il évoquait le racisme, je lui ai rappelé que la plus grande figure de ce club, Eusébio, était noire. La dernière chose que ce club soit, c’est raciste », avait affirmé le “Special One”.
Le technicien portugais avait ajouté : « Il y a un problème, car cela se produit dans tous les stades : où que joue Vinícius, il se passe toujours quelque chose ». Pour son homologue bavarois, ces propos constituent une faute de leadership.
« En matière de responsabilité, c’est une erreur grave, inacceptable », a-t-il dénoncé, avant de répondre sur le terrain historique : « Savez-vous ce que les joueurs noirs ont dû endurer dans les années 1960 ? Était-il là pour accompagner Eusébio à chaque déplacement en Europe ? »

