Leicester City, la chute d’un miracle

Dix ans après le titre de Premier League le plus improbable de l’histoire du football anglais, le club des Foxes se retrouve en troisième division anglaise. La conséquence de nombreux dysfonctionnements mêlant crise financière et problème managérial.

Le 21 avril 2026, un nul 2-2 arraché par Hull City au King Power Stadium a suffi à entériner ce que beaucoup jugeaient encore inimaginable il y a peu : Leicester City évoluera bien en League One, le troisième échelon du football anglais, la saison prochaine.

Ce verdict aurait pu passer presque inaperçu, rangé dans les annales parmi les nombreuses déconvenues qu’a connues le championnat le plus compétitif d’Europe, s’il ne s’agissait pas ici d’un cruel retournement de l’histoire.

À quelques semaines près en effet, il y a dix ans, le 7 mai 2016, ce même Leicester était sacré champion de Premier League avec une cote de départ fixée à 5 000 contre 1. Autant dire que cela relevait du miracle.

D’autant que l’effectif avait été assemblé pour une fraction des budgets engloutis par ses rivaux en un seul mercato, sous la houlette de Claudio Ranieri, que beaucoup considéraient alors comme un entraîneur du passé.

L’illusion de la stabilité

Comment expliquer que le club qui a propulsé Jamie Vardy, Riyad Mahrez ou encore N’Golo Kanté au sommet du football mondial ait si vite sombré, enchaînant notamment trois relégations en quatre ans ?

« Il n’y a pas de réponse magique. C’est beaucoup de choses qui ont mal tourné. Nous avons eu différents entraîneurs, différents joueurs, et ça n’a pas fonctionné, et nous devons tous, dans le club, faire notre introspection pour voir ce qui n’a pas bien marché », a résumé le capitaine Ricardo Pereira, cité par The Athletic, après la rencontre face à Hull.

Difficile de lui donner tort tant Leicester a accumulé les mauvaises décisions en tentant de rivaliser avec les géants de la Premier League. Recrutements mal calibrés et dépenses inconsidérées ont fait exploser la masse salariale sans permettre de maintenir durablement le club au plus haut niveau.

Peu à peu, le modèle consistant à vendre au moins un joueur très courtisé chaque saison pour réinjecter ces fonds dans l’effectif a été abandonné pour diverses raisons.

Le chantier de la reconstruction

Entre-temps, la mort en 2018, dans un crash d’hélicoptère, de l’emblématique propriétaire Vichai Srivaddhanaprabha a assombri davantage l’horizon, alors que l’activité de son groupe — le duty free aéroportuaire — s’est effondrée avec la crise du Covid.

À cela se sont ajoutés les coûts devenus lourds à porter du nouveau centre d’entraînement à 135 millions de dollars, lancé juste avant la pandémie. Ce qui attend désormais Leicester en League One tient moins du défi sportif que d’une question de survie. Selon Sky Sports, les revenus du club devraient baisser d’environ 50% par rapport au Championship et représenter moins d’un tiers de ce qu’ils étaient encore en Premier League l’an passé.

L’analyse des comptes fait également apparaître des emprunts institutionnels à des taux difficiles à supporter pour une formation de troisième division, d’autant que l’époque où le club pouvait compter sur un renflouement sans limites de ses propriétaires est révolue.

Des voies de sortie existent. Mais les clubs qui ont survécu au troisième niveau l’ont fait avec des finances assainies, des propriétaires solidement engagés et des structures capables d’encaisser le choc. Leicester City réunit‑il encore ces conditions ?

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