De Laurentiis veut réinventer le football

Le propriétaire du club italien de Naples dresse un constat sans appel sur l’état du football et propose des réformes radicales pour reconquérir une jeunesse qui d’après lui décroche.

Le football serait-il en train de perdre la guerre contre les écrans ? La réponse ne fait aucun doute pour Aurelio De Laurentiis, propriétaire du Napoli depuis 24 ans et figure incontournable du football européen.

« La nouvelle génération est notre or. Si on ne leur plaît pas, on mourra. Vous n’aurez plus la même participation que celle des 100 dernières années », alerte celui qui s’est d’abord illustré comme magnat du cinéma, dans un entretien accordé à The Athletic le 14 avril dernier.

Dans le viseur de l’homme d’affaires napolitain : le format actuel du jeu, jugé à la fois « lent et trop long ». « La jeune génération utilise la PlayStation, le téléphone portable. Elle n’a pas la patience de regarder un match au rythme très lent à la télévision », explique-t-il, pointant notamment les 15 minutes de pause à la mi-temps.

Des règles à repenser en profondeur

« Vous pensez que mon petit-fils de six ans, qui sait tout (sur le football) parce qu’il joue à la PlayStation… il va rester… et vous pensez le récupérer après 15 minutes ? Jamais ! Parce qu’il va dans sa chambre. Il commence à jouer à FIFA », relève celui qui ne manque d’idées pour rendre le football à nouveau attractif auprès des jeunes.

Il préconise ainsi de réduire chaque mi-temps de 45 à 25 minutes, en adoptant un temps réel à l’image du basket-ball, avec un chronomètre arrêté à chaque interruption de jeu. Fini, donc, les interminables arrêts de jeu gérés à la discrétion de l’arbitre.

« Vous ne pouvez pas rester sur le terrain à jouer la comédie », lance De Laurentiis, dénonçant les pertes de temps qui nuisent à l’intensité du spectacle. Pour le spectacle justement, il faudrait de son avis, « modifier la règle du hors-jeu ». Car « on ne peut pas annuler un but pour quelques millimètres », argue-t-il.

Des réactions aux quatre coins du globe

De Laurentiis n’épargne pas non plus la VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrage, dont il conteste l’efficacité dans sa forme actuelle. « Cela ne fonctionne pas parce qu’ils n’ont pas établi de vraies règles d’utilisation », affirme-t-il, déplorant que cet outil, censé corriger les erreurs arbitrales, génère davantage de frustration.

Sur la question disciplinaire, le patron du FC Naples propose également de supprimer les cartons jaunes et rouges au profit d’exclusions temporaires, sur le modèle du « sin bin » pratiqué dans d’autres sports.

Ainsi, un joueur sanctionné quitterait le terrain cinq minutes pour une faute légère, ou vingt minutes pour une infraction plus grave, maintenant ainsi une pression tactique permanente sur les équipes fautives sans pénaliser définitivement le spectacle.

La réflexion d’ Aurelio De Laurentiis s’ancre dans une comparaison assumée avec le sport américain, dont il admire la capacité à se réinventer pour séduire de nouveaux publics. De quoi alimenter de vifs débats à l’échelle mondiale.

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