Binationaux : la faille qui a failli faire trembler les Pays-Bas

Une faille juridique concernant les joueurs binationaux a menacé de faire rejouer plus de 130 matchs de première division de football néerlandais. Explications !

Plus de peur que de mal. La justice néerlandaise a débouté, lundi 4 mai, le NAC Breda, avant‑dernier du championnat des Pays‑Bas, dans un litige aux conséquences potentiellement explosives l’opposant à la Fédération néerlandaise de football (KNVB).

Tout commence en mars, lorsque Breda affronte Go Ahead Eagles. Battu 6–0, le club conteste a posteriori la titularisation du défenseur Dean James, estimant que sa situation administrative le rendait inéligible.

Né aux Pays‑Bas, le joueur de 26 ans a accepté en mars 2025 de représenter l’Indonésie en sélection nationale, un pays qui, comme les Pays‑Bas dans la plupart des cas, interdit la double nationalité.

En acquérant la citoyenneté indonésienne pour disputer les qualifications à la Coupe du monde, James aurait de facto perdu son passeport néerlandais et basculé dans la catégorie des joueurs extra‑communautaires.

Restriction à la double-nationalité

Comme le rappelle The Athletic, les Pays‑Bas sont le seul pays de l’Union européenne à prévoir la perte automatique de la nationalité lorsqu’un citoyen en acquiert volontairement une autre hors UE, sauf exception. Une règle strictement appliquée par les autorités, mais que James assure ne pas avoir mesurée dans toutes les implications.

« Le directeur de Go Ahead, Jan Willem van Dop m’a sorti de la salle de musculation. Il m’a dit que le NAC voulait déposer une plainte. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait », a déclaré le joueur, dans un entretien accordé à ESPN.nl.

Pour NAC Breda, Dean James est devenu ipso facto un ressortissant étranger dès l’obtention de son passeport indonésien. Il aurait donc dû se conformer aux obligations imposées à tout travailleur non néerlandais : obtenir un titre de séjour et un permis de travail avant de jouer en Eredivisie.

L’affaire dépasse toutefois son seul cas. Les investigations menées par la presse ont montré que plus d’une vingtaine de joueurs des divisions professionnelles néerlandaises se trouvent dans une situation comparable après avoir choisi de représenter l’Indonésie, le Suriname ou le Cap‑Vert.

Un vice juridique aux conséquences explosives

Tous ces joueurs seraient théoriquement en infraction, et au moins 130 à 133 rencontres disputées depuis le début de la saison auraient pu être remises en cause si NAC avait obtenu gain de cause.

« Nous pensons que cela va engendrer le chaos, car de nombreux autres clubs ont déjà émis des réserves. Si le NAC gagne, ces clubs engageront eux aussi des procédures en référé. Cela pourrait signifier que la compétition ne pourra pas aller à son terme », alertait Mariane van Leeuwen, vice‑présidente de la KNVB, avant le jugement.

Le tribunal d’Utrecht a cependant estimé que la fédération était fondée à ne pas faire rejouer les matches concernés, en retenant notamment que ni Go Ahead Eagles ni les instances n’avaient pleinement conscience des conséquences juridiques du changement de nationalité de James.

De quoi écarter, pour l’instant, le spectre d’une fin de saison chaotique. Le feuilleton n’est toutefois pas totalement clos, car NAC Breda n’exclut pas de faire appel.

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