La descente aux enfers de Raheem Sterling

L’ancien international anglais risque la prison pour un ensemble de chefs d’accusation liés à la détention et à la consommation de protoxyde d’azote.

Du sommet de la Premier League (PL) à la prison ? Cette trajectoire, aussi incroyable que cela puisse paraître, pourrait bien être prochainement celle de Raheem Sterling.

L’ailier, ancien joueur de l’équipe nationale d’Angleterre, risque de se retrouver derrière les barreaux après avoir plaidé coupable dans une affaire le concernant, le 15 septembre dernier, devant le tribunal de première instance de Basingstoke.

L’affaire porte sur une conduite dangereuse, la possession de protoxyde d’azote en vue d’une inhalation illégale, ainsi que le refus de fournir un échantillon de sang pour analyses. Les faits remontent au matin du 28 mai dernier, dans le Surrey.

Sterling conduisait alors une Lamborghini estimée à environ 270 000 livres sterling, soit près de 310 000 euros, lorsqu’il a percuté des barrières de sécurité métalliques sur l’autoroute M3, près de l’échangeur de Minley.

Des craintes d’un incident plus grave

Selon les éléments communiqués au tribunal par les autorités britanniques, plusieurs automobilistes avaient alerté la police après avoir vu le véhicule zigzaguer sur la chaussée. Pire, le conducteur aurait été vu en train de consommer du protoxyde d’azote au volant.

Communément appelé « gaz hilarant », il s’agit d’une substance stockée dans des cartouches, puis inhalée à l’aide de ballons argentés. Elle est particulièrement appréciée par certains jeunes pour la sensation d’euphorie et de détente rapide qu’elle procure.

Problème : ce produit, classé comme drogue de catégorie C et criminalisé depuis 2023 au Royaume-Uni, ralentit également les fonctions cérébrales et les réactions du corps, selon le tribunal. Il peut par ailleurs provoquer des distorsions sensorielles, y compris des hallucinations. De quoi accroître le risque de collision pour un conducteur sous son emprise.

Si aucun autre véhicule n’a été impliqué dans l’accident et qu’aucune personne n’a été blessée, l’un des auteurs des signalements ayant conduit à l’interpellation de Sterling craignait une issue plus grave, pouvant aller jusqu’à la mort.

Une fin de carrière, perdu

Devant la juge de district Kirsty Allman, l’ancien ailier de Manchester City n’a rien nié des accusations portées contre lui. Lors de son interrogatoire, il aurait déclaré aux policiers avoir un « problème avec le protoxyde d’azote ».

Cela fait sans doute écho au cas de nombreuses stars du football. Ces dernières années, Alexandre Lacazette, Matteo Guendouzi, Mesut Özil, Pierre-Emerick Aubameyang ou encore Yves Bissouma figurent parmi les joueurs filmés avec cette substance.

Pour Sterling, qui attend désormais de savoir s’il sera condamné à une peine de prison, cette affaire marque l’abîme d’une carrière en déclin depuis cinq ans. Le joueur, qui compte 82 sélections et 20 buts avec les Three Lions, est sans club depuis juillet 2026, après un bref passage de cinq mois au Feyenoord, aux Pays-Bas.

« Des millions de personnes dans ce pays se retrouvent dans des situations bien plus difficiles que celle d’un joueur à qui une prolongation de contrat est refusée après avoir gagné plus de 300 000 livres sterling par semaine pendant sept ans », affirme le journaliste du Telegraph, Oliver Brown, qui refuse de s’apitoyer sur le sort de l’ancien Golden Boy.

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