Le football italien retombe dans le chaos
En l’espace de deux semaines, la Fédération italienne (FIGC) a vu s’effondrer à la fois sa quête d’un nouveau sélectionneur et la direction censée porter son renouveau.
La Squadra azzurra est‑elle condamnée aux tourments ? La question mérite d’être posée à la lumière des développements de ces derniers jours. Le 27 juillet, l’ancienne légende défensive Paolo Maldini et l’ex‑international brésilo‑italien Leonardo ont annoncé leur démission de leurs fonctions dirigeantes au sein de la FIGC.
Par ce départ intervenu à peine seize jours après leur nomination, les deux dirigeants protestent contre la décision de la Fédération de mettre un terme à l’examen de la candidature d’Andrea Pirlo, autre figure emblématique du football italien, au poste de sélectionneur national.
Un peu plus tôt, l’ancien milieu de terrain de la Juventus et du Milan AC avait en effet indiqué qu’il n’était plus en lice pour ce poste, vacant depuis le limogeage en avril de Gennaro Gattuso, consécutif au troisième échec d’affilée de l’Italie à se qualifier pour la Coupe du monde 2026.
Guardiola refusé, Pirlo écarté pour ses liens russes
« Je regrette qu’un choix de nature sportive ait été rapidement entraîné dans un débat public qui a fini par attribuer à ma personne des significations et des intentions qui ne m’appartiennent pas », a écrit le champion du monde 2006 sur Instagram.
L’amertume est d’autant plus forte que son dossier semblait bien engagé jusqu’à ce qu’un partenariat commercial ne vienne tout bouleverser. Son rôle d’ambassadeur mondial pour la société russe de paris sportifs Fonbet a déclenché une vive polémique, dans un contexte où l’Italie continue d’afficher son soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe. Sous la pression de l’opinion, la Fédération a finalement renoncé à officialiser sa nomination.
« La collaboration professionnelle au cœur des polémiques récentes s’inscrit dans le cadre de mon parcours aux Émirats arabes unis et est exclusivement de nature commerciale et sportive », a assuré celui qui entraîne depuis un an le Dubai United, rejetant toute interprétation politique de cet engagement.
Malagò hérite d’un chantier sinistré
Au‑delà de l’affaire Pirlo, c’est le projet de renaissance du football italien lui‑même qui encaisse un sérieux coup avant même d’avoir démarré. Le nouveau président de la FIGC, Giovanni Malagò, s’était publiquement félicité d’avoir attiré Maldini, présenté comme une prise de choix, en le nommant directeur technique.
« C’est un appel aux armes. Quand l’Italie appelle, il est difficile de dire “non” », déclarait alors l’ancien défenseur du Milan. Son enthousiasme a pourtant vite été douché. Ni Pep Guardiola ni Carlo Ancelotti, qu’il avait approchés, n’ont accepté de prendre la tête de la Nazionale.
Malagò se retrouve désormais face à une situation délicate. Une sélection privée de trois Coupes du monde consécutives, sans sélectionneur, amputée des hommes qui devaient piloter sa refondation, et de nouveau en quête de solutions.
Les noms de Roberto Mancini, Thiago Motta et Antonio Conte circulent déjà comme options possibles pour le banc italien, alors que le vaste chantier de reconstruction du football transalpin attend d’être lancé.

