RDC : un Mondial 2026 usurpé

Les Léopards du Congo n’auraient pas dû participer à la dernière Coupe du monde, selon de nouvelles révélations qui mettent au jour l’alignement, à plusieurs reprises en amont de la compétition, d’un joueur inéligible par cette sélection.

Le Mondial 2026 restera, décidément, comme celui des controverses au centre desquelles figure la FIFA. L’instance dirigeante du football est en effet mise en cause, après l’affaire concernant le joueur américain Folarin Balogun, dans un nouveau dossier de favoritisme et de violation de l’équité sportive qu’elle est pourtant censée garantir.

L’organisation présidée par Gianni Infantino est accusée d’avoir fermé les yeux sur le cas de la République démocratique du Congo (RDC), qui a aligné, dans le cadre de sa campagne qualificative pour la Coupe du monde de l’été dernier, un joueur inéligible en la personne de Lionel Mpasi.

Né à Meaux, près de Paris, ce gardien de but de 32 ans a représenté la France dans les catégories de jeunes, notamment lors de la Coupe du monde des moins de 17 ans en 2011. S’il a arboré le maillot congolais pour la première fois en 2022, la procédure de changement d’allégeance introduite l’année précédente auprès de la FIFA n’a jamais pu aller à son terme, d’après Le Monde.

Une plainte passée sous silence

Pourtant, Mpasi a continué de jouer avec la RD Congo dans les éliminatoires, notamment lors d’un match qualificatif pour le Mondial 2026 contre le Nigeria, le 16 novembre 2025.

Défaits aux tirs au but (3-4), les Super Eagles ont ainsi laissé aux Léopards la voie du barrage intercontinental contre la Jamaïque. Quelques jours plus tard, les Nigérians ont déposé une réclamation officielle auprès de la FIFA concernant l’éligibilité de certains joueurs, sans expressément mentionner le cas Mpasi.

Après plusieurs mois, le service juridique de l’instance réexamine le dossier en mars 2026. Sa conclusion interne est sans appel : Lionel Mpasi n’était pas éligible. Les juristes dressent une liste de sanctions possibles, notamment une suspension du joueur et l’exclusion de la RDC de son prochain barrage, contre la Jamaïque, qui devait décider de sa qualification pour la Coupe du monde.

Aucune de ces mesures n’a été appliquée. Les Léopards ont ensuite battu la Jamaïque 1-0, avec Mpasi de nouveau dans les buts, décrochant ainsi leur première qualification pour le Mondial depuis 52 ans.

La relation Infantino-Mosengo-Omba sous le microscope

Entre-temps, la réclamation initiale du Nigeria a été jugée hors délai et donc rejetée par la FIFA. Ainsi, même si ses juristes internes ont conclu que Mpasi n’aurait probablement pas dû jouer, l’instance zurichoise a déclaré la plainte nigériane irrecevable.

Et pourtant, ce ne sont pas les précédents qui manquent. Lors des qualifications pour la Coupe du monde 2018, la Bolivie avait perdu deux matchs sur tapis vert pour avoir aligné un joueur inéligible.

Ici, la FIFA a choisi de ne rien faire. Une inaction qui pourrait avoir été motivée par l’étroite relation entre son président et le patron de la Fédération congolaise de football, Véron Mosengo-Omba.

Anciens étudiants de l’université de Fribourg, les deux hommes seraient si proches qu’ils se renverraient mutuellement l’ascenseur depuis plusieurs années, des couloirs de l’UEFA jusqu’à ceux de la FIFA, selon Le Monde.

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