Le Royaume-Uni a un « problème Manchester City »

Le scandale relatif aux infractions commises par le club de Manchester aux règles financières du championnat d’Angleterre est un os dans la gorge du pays en raison de ses liens économiques avec Abu Dhabi, l’émirat propriétaire des Skyblues.

Alors que la planète football tout entière se trouve dans l’expectative quant aux sanctions à infliger à Manchester City – récemment reconnu coupable d’avoir enfreint 114 des 115 règles financières de la Premier League –, les autorités britanniques doivent, elles, s’arracher les cheveux.

Cette affaire apparaît comme un incident qu’elles auraient tout simplement préféré éviter. En cause : les liens économiques profondément ancrés entre le pays et Abu Dhabi, dont un membre de la famille régnante, également vice-président des Émirats arabes unis, le cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, détient le club anglais.

En effet, le rachat de cette équipe en 2008 par l’émirat gazier, richement doté de près de 2 000 milliards de dollars via son fonds souverain, a ouvert la voie à un flot d’investissements au Royaume-Uni, particulièrement à Manchester.

De quoi faire de la ville, selon le Financial Times (FT), la première destination britannique pour les investissements directs étrangers en dehors de Londres.

Abu Dhabi, Manchester et le poids des milliards

Immeubles d’habitation, bureaux et autres salles de concert sont sortis de terre à une vitesse fulgurante depuis lors, totalisant plus d’un milliard de livres sterling d’investissements, toujours d’après le journal britannique.

Au grand bonheur du chef du gouvernement actuel et ancien maire de Manchester, Andy Burnham. Selon plusieurs sources du FT ayant connaissance des discussions, il s’agissait, pour les autorités britanniques, de s’assurer des investissements subséquents dans le pays à l’occasion du rachat de Manchester City, comme de tout autre club, par des capitaux étrangers.

Tout cela pourrait cependant s’effondrer prochainement. Les Émirats arabes unis menacent en effet de fermer les vannes si City était lourdement sanctionné, selon des informations de CNN. Les peines encourues vont de la déduction de points aux amendes financières, voire à la relégation de l’élite du football anglais.

Burnham pris dans la tourmente

Sur place, les acteurs économiques se montrent anxieux. Un commerçant interrogé par la chaîne de télévision américaine affirme ainsi qu’au-delà de l’attachement au club, c’est « la ville entière » qui perdrait en cas de chute de City, avec moins de visiteurs et d’activités.

C’est donc tout naturellement qu’Andy Burnham a tenté de mettre la pression sur la gouvernance de la Premier League, en évoquant son inquiétude en cas de départ d’Abu Dhabi de la tête de Manchester City.

« Ils ont été un partenaire majeur dans la construction du Manchester moderne et, évidemment, dans la transformation de Manchester City en la puissance mondiale qu’il est aujourd’hui », a-t-il déclaré, suscitant la consternation de l’opinion publique. Face au tollé, le gouvernement a dû communiquer à nouveau sur le dossier, rappelant notamment que toute faute avérée devait entraîner des conséquences.

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