Le grand retour de Neymar enflamme le Brésil
À 34 ans et malgré un état physique préoccupant, le capitaine de la Seleçao va participer à sa troisième Coupe du monde, qui débute le 11 juin. Mais au pays, l’enthousiasme est loin d’être unanime.
L’annonce est tombée dans un climat tendu, lundi 18 mai, en marge de la publication de la liste de l’équipe brésilienne pour le Mondial 2026 par Carlo Ancelotti. Conscient de l’attente du public, le technicien italien a marqué une pause avant de prononcer le nom : « Neymar Junior Santos ».
De quoi déclencher une réaction comparable à celle qui suit généralement un but marqué dans un stade. Une célébration collective spontanée, un moment suspendu où tout un pays ou presque a explosé de joie.
Pour le Brésil, ce retour revêt une dimension qui dépasse largement le cadre sportif. « C’est un événement pour le Brésil, pour le foot en règle générale parce que Neymar reste Neymar, un des plus beaux artistes qu’on a vu ces dernières années« , analyse Benjamin Quarez, journaliste au service des sports du Parisien.
Un déclin physique et une image écornée
Passé par le FC Barcelone, arraché pour une somme record par le Paris Saint-Germain, puis exilé en Arabie Saoudite avant de revenir à Santos, son club formateur, Neymar incarne à lui seul toute l’ambivalence du football moderne : un génie technique aux pieds de velours, mais aussi une personnalité controversée dont la carrière a été jalonnée d’écarts et de polémiques.
Surtout, le numéro 10 de la Seleçao demeure un joueur peu fiable physiquement, encore plus à désormais 34 ans. « Ce n’est plus le joueur d’il y a dix ans. Les jambes sont un peu plus lourdes », constate Quarez.
Le site Transfermarkt recense pas moins de 46 blessures sur les 13 dernières saisons, qui lui ont fait manquer 277 matchs. Malgré son retour à son club formateur de Santos en janvier 2025 pour se refaire une santé, son corps reste toujours aussi fragile et nécessite une gestion précautionneuse.
L’ancien Barcelonais n’a d’ailleurs jamais enchaîné plus de deux matchs consécutifs en championnat en 2026. Mais au-delà de ces limites physiques, c’est aussi son comportement qui suscite des interrogations.
Un choix diplomatique ?
Accrochages avec des supporters de Santos, altercation avec un coéquipier à l’entraînement… Ces derniers mois, le joueur a multiplié les écarts. De quoi alimenter les doutes sur la décision d’Ancelotti de l’inclure parmi les 26 sélectionnés pour le Mondial.
Si le sélectionneur affirme avoir observé Neymar « tout au long de l’année » et jugé qu’il avait « joué un rôle important » récemment, certains estiment qu’il s’agit d’un choix dicté par des considérations politiques, visant à satisfaire la fédération et certains cadres du vestiaire.
« Avec Neymar, le Brésil gagne en technique, en vision du jeu, en créativité offensive, sur coups de pied arrêtés et en talent individuel. Sans lui, l’équipe sera plus rapide, plus intense physiquement, plus solide défensivement et plus collective. Il y a des avantages comme des inconvénients », résume le journal Folha de São Paulo.

