La fuite en avant de la FIFA sur les pauses hydratation

Gianni Infantino s’agace des critiques visant cette mesure qu’il présente comme une disposition sanitaire. Une position qui révèle, une fois de plus, les contradictions de l’instance dirigeante du football mondial.

Don’t act. Pour la FIFA, les pauses obligatoires de trois minutes par mi-temps instaurées lors de ce Mondial 2026 visent uniquement à protéger les joueurs. Face aux critiques suscitées par ce dispositif, le président de l’instance dirigeante du football, Gianni Infantino, a tenu à taper du poing sur la table.

« Ce qui compte encore plus pour nous, c’est de garantir que toutes les équipes, dans chaque match, jouent dans les mêmes conditions. Et il est très difficile d’accepter qu’un entraîneur puisse avoir l’opportunité d’influencer un match en faisant des ajustements simplement parce qu’il fait plus chaud, alors que dans un autre match, où la température est légèrement plus basse, le même entraîneur n’a pas la même opportunité. Nous voulons garantir des conditions égales pour tous, et c’est pourquoi ces pauses sont mises en place dans chaque match », a expliqué le dirigeant italo-suisse, dans un communiqué publié, mercredi 24 juin.

« Nous ne gagnons aucun revenu supplémentaire »

Interrogé sur les implications financières de ces interruptions — utilisées notamment par les diffuseurs pour insérer de la publicité —, le patron de la FIFA s’est voulu catégorique. « Les diffuseurs en tirent peut-être un bénéfice supplémentaire. Je ne sais pas. Tant mieux pour eux. Mais de notre côté, nous ne percevons aucun revenu additionnel », a-t-il insisté, défendant une mesure à vocation strictement sportive.

Pour appuyer ses propos, Gianni Infantino a rappelé que la finale de la Ligue des champions disputée à Budapest, entre Arsenal et le Paris Saint-Germain, s’était également déroulée avec des pauses d’hydratation, sans susciter de polémique.

Reste que, si la FIFA ne capte pas directement ces recettes, les diffuseurs, eux, en tirent un avantage significatif. Aux États-Unis, un spot publicitaire de 30 secondes sur Fox Sports se négocie ainsi entre 200 000 et 300 000 dollars lors des matchs ordinaires, un montant encore plus élevé pour les rencontres de l’équipe nationale ou les phases finales.

Une argumentation biaisée

Par ailleurs, comment se fier aux préoccupations de la FIFA concernant le bien-être des joueurs et l’équité sportive, quand une Coupe du monde (2022) vient tout juste d’être organisée dans la fournaise du territoire du Qatar ?

« Lors des tournois précédents, des pauses hydratation étaient prévues lorsque certaines températures étaient dépassées. Cela arrivait dans certains matchs, mais pas dans d’autres, et pourtant personne n’a jamais prétendu à l’existence d’un avantage artificiel », rétorque le journaliste Sebastian Stafford-Bloor dans les colonnes de The Athletic, dénonçant « un argument rempli de contorsions intellectuelles ».

Selon lui, le maintien de ces pauses au-delà de ce Mondial pourrait rapidement attirer les annonceurs, séduits par ces deux créneaux de trois minutes intégrés au cœur des rencontres.

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