Sélection mexicaine de football : les Rolex de la discorde

Les joueurs du « Tri » ont restitué des montres offertes par un créateur de contenu américain, redoutant notamment l’ouverture d’une procédure disciplinaire de la FIFA.

L’affaire a éclaté après la qualification du Mexique pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, obtenue grâce à une victoire 2-0 face à l’Équateur. Peu après cette rencontre, l’influenceur américain Stephen Deleonardis, alias SteveWillDoIt, s’est rendu au camp de base de la sélection mexicaine pour offrir à chaque joueur une montre Rolex.

L’opération, filmée puis diffusée sur YouTube, s’est traduite par la remise de 27 montres pour une valeur totale estimée à un million de dollars. Derrière cette générosité apparente se profile également un intérêt financier assumé.

Le créateur de contenus, qui affirme résider au Mexique, aurait parié près de deux millions de dollars sur une victoire mexicaine lors de ce match des seizièmes de finale, engrangeant ainsi un gain d’environ un million de dollars, soit l’équivalent du coût des cadeaux distribués.

La menace de la FIFA ?

Les images montraient des joueurs visiblement enthousiastes, certains allant jusqu’à lancer leur montre en l’air sous le coup de l’euphorie. Cette scène largement relayée a rapidement suscité des interrogations quant à la légitimité de l’initiative.

Un tel présent, directement lié à l’issue d’un pari, soulève en effet des questions sur l’influence potentielle des jeux d’argent sur l’intégrité sportive.

L’article 21 du Code d’éthique de la FIFA précise que les cadeaux et avantages sont interdits, sauf s’ils remplissent plusieurs conditions cumulatives, notamment celle d’avoir « une valeur symbolique ou insignifiante ».

À cela s’ajoutent l’absence d’intention d’influencer, le respect des obligations professionnelles, l’absence de conflit d’intérêts et de bénéfice indu. En cas d’infraction, les sanctions peuvent inclure une amende d’au moins 10 000 francs suisses ainsi qu’une suspension d’activité liée au football pouvant aller jusqu’à deux ans, voire cinq en cas de récidive ou de gravité particulière.

La fédération mexicaine reprend la main

Ce risque réglementaire explique-t-il le revirement de la sélection ? Dans un communiqué publié le 3 juillet sur les réseaux sociaux, la fédération mexicaine a indiqué que « les joueurs avaient décidé, d’un commun accord, de restituer à SteveWillDoIt les montres offertes de sa propre initiative ».

Cette décision intervient alors que la FIFA examine désormais les conditions dans lesquelles le créateur de contenu a pu accéder directement aux joueurs de l’équipe nationale.

L’épisode a également fait réagir un autre acteur, en l’occurrence Hublot. La marque horlogère suisse, partenaire officiel de la sélection nationale de football du Mexique, aurait exprimé son mécontentement face à l’apparition de montres concurrentes au poignet des joueurs, en contradiction avec les engagements contractuels en matière de sponsoring.

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