Corée du Sud : le Mondial perdu, la rue en feu

L’échec des Taeguk Warriors à la Coupe du monde 2026 a provoqué une onde de choc bien au-delà des terrains.

Ce n’est pas tous les jours que les performances sportives d’une sélection nationale provoquent une réaction du chef de l’État. Le président sud-coréen s’est pourtant exprimé après l’élimination du pays lors de la Coupe du monde 2026.

Avec une victoire et deux défaites en phase de groupes — soit trois points —, l’équipe sud-coréenne a terminé troisième sans parvenir à se hisser parmi les meilleurs troisièmes qualifiés pour la suite de la compétition.

Une élimination brutale pour une formation présentée par de nombreux observateurs comme l’une des plus talentueuses de l’histoire du football coréen, avec des joueurs évoluant dans les plus grands championnats, tels que Son Heung-min (Los Angeles FC), Lee Kang-in (PSG) ou Kim Min-jae (Bayern Munich).

Cette contre-performance est d’autant plus marquante que les projections de The Athletic estimaient à 94% les chances de qualification avant le match décisif face à l’Afrique du Sud. Mais les Bafana Bafana ont créé la surprise en s’imposant 1-0.

Hong Myung-bo en première ligne

« Je ne suis pas seulement surpris par ce résultat inattendu. Je suis totalement déconcerté », a écrit le président Lee Jae-myung sur X dès le lendemain, tout en demandant au ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme de mener une enquête approfondie sur le parcours de la sélection.

Le chef de l’État a également évoqué les moyens importants mobilisés — financés par les contribuables et les ressources publiques — pour préparer cette participation.

Lee est allé plus loin, déclarant : « quand le copinage et les divisions sont privilégiés au détriment de la compétence, et que des personnes incompétentes sont nommées à des postes de direction, le résultat est quasiment inévitable. »

Entre-temps, le sélectionneur Hong Myung-bo a démissionné, sans pour autant apaiser la colère des supporters. À son retour en Corée, il a été accueilli à l’aéroport d’Incheon par une foule hostile.

Une profonde crise de gouvernance

Dans certaines villes comme Gimcheon et Anyang, des commerces — restaurants ou supérettes — ont affiché des messages interdisant l’accès à l’ancien sélectionneur. Des menaces ont également circulé sur des plateformes en ligne, certains internautes évoquant des actions violentes à son encontre.

Selon plusieurs analystes, Hong Myung-bo est soupçonné d’avoir bénéficié de soutiens influents lors de sa nomination en juillet 2024 par la Fédération. Cette dernière, dirigée depuis plus de dix ans par Chung Mong-kyu, est souvent perçue comme une institution rigide, peu ouverte à la méritocratie.

L’ironie de la situation est d’autant plus forte pour Hong Myung-bo. Considéré comme l’un des plus grands défenseurs asiatiques de l’histoire, il avait redonné du crédit à sa carrière d’entraîneur en remportant deux titres consécutifs de K League avec Ulsan en 2022 et 2023, mettant fin à la domination de Jeonbuk.

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